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Le vendredi 22 juillet 2005 à 19:01, par Pierre Godinot
Mon Cher Confrère,
Je vous félicite tout d'abord pour votre candidature.
Elle est un acte d'engagement fort et courageux au service des autres dans une vie d'avocat que vous êtes.
Voila l'outil (le blog) qui nous manquait et qui démontre les qualités que vous avez pu exprimer au sein de la Commission Communication du Barreau.
Puisse cette idée lumineuse faire son chemin pour sous d'autres formes amener les membres de notre Ordre à communiquer, à partager dans ces temps de clivage et d'ambiante morosité.
Ne pensez-vous pas qu'il serait bon par ces moyens de communication de mettre en commun nos expériences, de moderniser les mises en état, de partager nos agendas d'audience, dans le respect de notre secret professionnel pour que l'Ordre offre des services communs d'une nouvelle génération.
Puissiez-vous je vous en conjure, participer à relever le débats d'idées de cette campagne dont la précocité pourrait peut être laisser apparaître la férocité.
Enfin, restez-vous même, débattez de tout, de vous, de vos choix passés.
Vous y arriverez, j'en suis sûr.
Vous souhaitant bonne chance, je vous prie de croire, Mon Cher Confrère, en l'expression de mes sentiments confraternels et dévoués.

2. Le vendredi 2 septembre 2005 à 15:54, par J-J Ninon
Je lis dans le « nice-matin » de ce jour, un article intitulé « Nice : des « squatters » au palais de justice ». Bien entendu les squatters sont les avocats, ceux qui, depuis que la justice existe, participent à son œuvre, ceux qui, depuis que les tribunaux sont édifiés, y ont toujours eu une place réservée. Sauf à considérer que les auxiliaires de justice que nous sommes, sont des accessoires de justice.
J’avais, dans ma lettre de candidature, évoqué la volonté de nous expulser de NOTRE Palais, en ces termes : « Localement, il est demandé à notre Ordre d’évacuer les locaux qui lui sont dévolus depuis l’origine. Cette injonction est inacceptable. Beaucoup d’entre nous ont connu le Palais de Justice lorsqu’il accueillait le Tribunal d’Instance, le Tribunal de Commerce et naturellement le Tribunal de Grande Instance. Après la rénovation du Palais, n’y reste plus que le TGI abritant des salles d’audience minuscules et inconfortables. La place manquant, ont été ajoutées des casemates vitrées par ci, par là. Les édicules ne palliant pas l’insuffisance de superficie, décision fut prise de récupérer les vestiaires des avocats pour y entreposer des archives, les locaux de leur Ordre pour y installer des bureaux de juges. Les travaux de transformation du Palais se révélant aberrants, ce sont donc les avocats qui doivent en faire les frais. »
Monsieur le Bâtonnier Jacques Randon et le Conseil de l’Ordre auquel j’appartiens, se sont vigoureusement opposés à cet ukase, et nous sommes toujours en place, alors que nous devions en déguerpir, le 20 août dernier.
Alors, un autre argument est avancé pour nous pousser vers la porte de sortie, rapporte le même article de presse : les trois nouveaux magistrats nommés au TGI de Nice pour constituer la future 3e chambre correctionnelle, ne pourront la faire fonctionner, car ils n’auront pas de bureau. Seuls les locaux de l’Ordre pourraient – évidemment – leur en procurer. Traduction : les avocats seront responsables du retard des jugements correctionnels, alors qu’une chambre supplémentaire avait été créée pour, justement, le réduire.
Or, l’immense bibliothèque des magistrats qui s’étale sur le dernier étage du Palais, est désertée par eux. De surcroît, comme tout avocat, lorsque je cherche un juge dans son bureau, je ne l’y trouve point. Comme le maréchal Bazaine, en 1870, ne trouva pas son armée. Avez-vous déjà vu des Conseillers à la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence y travailler leurs dossiers ? Il me semble plutôt que, après avoir assuré leurs rares audiences hebdomadaires, regroupées sur deux ou trois jours, ils s’empressent de rentrer à leur domicile situé dans un département du ressort où, là, dans la douce quiétude familiale, ils rendront leurs arrêts.
Comment appelle-t-on le raisonnement spécieux qui veut nous attribuer la responsabilité du retard prochain d’une juridiction, malgré l’installation de nouveaux magistrats : syllogisme ou moyen de pression ? Bien qu’un autre mot me vienne à l’esprit.

3. Le mercredi 21 septembre 2005 à 15:03, par Philippe
Cher Confrère,
J'ai découvert récemment votre outil de communication très novateur: ce blog.
C'est un lien efficace, rapide et interactif qui, je l'espère, sera maintenu si par la suite vous êtes élu.
Sans violer aucune des obligations qui sont les notres, ce pourrait être un instrument à péreniser afin de discuter régulièrement des préoccupations particulières à notre profession. Ce serait également un moyen nous permettant de nous mobiliser davantage et plus rapidement.
J'attends votre avis sur la question et vous félicite d'une telle "inovation" qui dépasse l'habituelle campagne électorale.
Se rencontrer est bien, échanger est mieux.

4. Le vendredi 23 septembre 2005 à 12:11, par Brigitte Charles-Neveu
Je viens de visiter ton site : bravo ! Il est vraiment réussi.
Je savais que tu avais un doctorat d'Histoire, mais j'ignorais que tu avais enseigné pendant 7 ans !
Je ne savais pas non plus que tu t'étais opposé au "déménagement" de notre centre de formation. Là encore, bravo, même si ton combat a été vain.
Je me suis moi-même investie pendant plusieurs années dans le centre et j'ai été stupéfaite de la façon dont les choses se sont passées, c'est-à-dire sans aucune concertation (de la base !), comme si des décisions de cette importance ne concernaient que quelques uns ... Désolant pour nos étudiants d'abord et, surtout, pour l'IEJ de NICE, et pour tous ceux qui s'étaient impliqués dans l'aventure.
La Cour d'Appel à NICE, il faut y croire, bien sûr, même si, petite fille, j'entendais déjà mon grand père en parler ...

5. Le mardi 27 septembre 2005 à 21:25, par Pinson Michèle
Mon Cher Confère,
Nous avons devisé, ce matin - 27 septembre 2005 - sur les mérites de l'Aide Juridictionnellle ou plutot sur ses dérives; Quelques sujets de réflexion voire de réforme.
comment se fait-il que l'Aide Juridictionnelle quand elle est accordée à une personne sans ressources demandant à divorcer par consentement mutuel, bénéficie aussi au conjoint qui, lui, a des ressources ? J'ai deux dossiers de divorce par consentement mutuel dans ce cas; dans les deux cas, l'épouse, ne travaillant pas a demandé et obtenu l'Aj dont par conséquent bénéficie le conjoint "avec ressources" car ils n'ont qu'un seul Avocat, moi en l'occurence.
Autre sujet d'étonnement pour le "jeune" Avocat que je suis;
pour une même affaire toujours divorce par consentement mutuel - cela me poursuit ! - comment se fait-il que l'on soit moins payé quand la demande d'AJ est faite par un seul des conjoints; En revanche, la rétribution est plus importante quand la demande est déposée par les deux conjoints; Bizarre... car le travail est le même.
J'ai eu également une AJ pour une affaire devant être portée au Prud'hommes Le dossier de mon client présentant quelques faiblesses, j'ai préféré conseiller au client de transiger, ce qui fut fait, Naturellement il y eu beaucoup d'échange de courriers, protocole en projet, reprotocole, échange en tous genres. Est-il normal que dans le cadre d'une transaction qui demande finalement beaucoup de travail, il ne puisse pas y avoir une rétribution même symbolique de l'Avocat ?
car autant dire qu'il eut été largement financièrement préférable pour moi de plaider cette affaire quitte à ce que le client la perde ...
Nous avons également évoqué le regard que certains Magistrats portent sur nous; J'ai bien dit certains car j'ai le sentiment que la grande majorité d'entre eux nous considère comme ce que nous sommes auxiliaires de Justice et non Accessoires de Justice selon votre formule.
Mais nous aurons certainement l'occasion d'en reparler.
En tout cas je vous souhaite bonne chance;
Votre bien dévouée

6. Le jeudi 29 septembre 2005 à 16:20, par Jean-Jacques Ninon
A Maître Michèle PINSON
Permettez-moi, pour l'instant - tant je suis ému par ce que j'ai appris aujourd'hui de la presse locale - de commenter simplement le passage suivant de votre envoi : "Nous avons également évoqué - écrivez-vous - le regard que certains magistrats portent sur nous ; j'ai bien dit certains car j'ai le sentiment que la grande majorité d'entre eux nous considère comme ce que nous sommes auxiliaires de Justice et non accessoires de Justice selon votre formule."
Votre réflexion vient fort à propos et je vous répondrai par un fait. Hier, lors de son installation en qualité de Président du TGI de Nice, M. Jean-Michel Hayat déclarait souhaiter décrisper " les relations anormalement tendues sur l'ensemble de la France entre avocats et magistrats."
Au même moment, notre confrère Henri Bastiani était mis en examen et transféré à la maison d'arrêt de Nice.
Agé de 73 ans, sous traitement médical, une telle détention s'imposait-elle ? Henri Bastiani ne présentait-il pas de garanties de représentation suffisantes ? Resté en liberté, aurait-il constitué un risque pour l'instruction du dossier ou pour la société ?
Ce que je sais, c'est qu'il était en première page de "nice-matin". PARCE QU'IL ETAIT AVOCAT. Que l'article relatant l'affaire s'étalait près de celui consacré à l'installation du nouveau président du TGI. Impossible de le rater. Je pense à la présomption d'innocence, à Henri Bastiani et à sa famille. Et à nous aussi, à notre profession, à notre Barreau, à ses membres, une fois de plus maltraités. Car considérés comme des accesoires de justice.

7. Le vendredi 30 septembre 2005 à 12:10, par Jean-Jacques Ninon
A Maître Michèle Pinson
Vous m'avez posé plusieurs questions intéressant l'Aide Juridictionnelle, dans laquelle un de mes concurrents y voit l'instrument de "la fonctionnarisation rampante".
C'est oublier la tradition ancestrale de notre profession qui se faisait un devoir d'apporter gratuitement son aide aux plus démunis.
La Conférence du Stage est d'ailleurs issue de la "Conférence des avocats" qui, à la fin du XVIIe siècle, avait pour buts de régler les problèmes de discipline survenus parmi eux et de fournir des consultations gratuites aux déshérités.
C'est ainsi qu'en 1815, notre confrère Taillandier devait s'adresser en ces termes aux stagiaires : "Le premier objet de nos assemblées doit être la distribution des consultations à donner aux indigents. La première idée qui occupe, en entrant dans la carrière que vous allez parcourir, est une idée pieuse et charitable ; un usage aussi ancien que l'Ordre a voulu que le lieu de réunion des avocats fût toujours ouvert à ceux que que le sort aurait privé des avantages de la fortune."
Ce rôle qu'assuraient directement les Ordres, disparut lorsque la loi du 22 janvier 1851 créa l'Assistance judiciaire.
Actuellement, la crise économique a élargi les bénéficiares de cette aide devenue "juridictionnelle". Elle permet en outre à nombre de confrères de constituer un cabinet. Aussi, critiquer l'Aide Juridictionnelle, son rôle économique et social, ses conséquences pour notre profession, sans tomber dans le corporatisme me paraît risqué tant pour elle que pour son rôle dans la cité.
C'est donc bien volontiers que je vous prie de trouver, ci-après, les réponses à vos questions relatives à l'Aide Juridictionnelle, concernant :
1) le divorce par consentement mutuel, où l'AJ, accordée à un conjoint sans ressources, bénéficie à l'autre époux ayant pourtant des revenus : ce dernier doit régler les honoraires de l'avocat commun ;
2) le divorce par consentement mutuel où la rétribution de l'avocat intervenant au titre de l'AJ est moins importante pour un conjoint que pour les deux, alors que le travail est identique : la réponse découle de la précédente, étant précisé que pour un époux, le nombre d'UV est de 30, et pour les deux, de 50 ; 3) en cas de transaction dans un litige, l'avocat intervenant comme conseil de l'une des parties ayant obtenu l'AJ, ne perçoit rien, malgré les diligences effectuées par lui (courriers, pourparlers, rédaction d'un protocole) : la solution consiste à faire homologuer l'accord par la juridiction saisie.
Bien à vous

8. Le jeudi 6 octobre 2005 à 19:10, par Florian FOUQUES
Mon Cher Confrère,
Tout d'abord et comme l'ensemble des confrères qui a déjà témoigné sur ton blog, bravo pour cette réalisation !
Tant sur la forme que sur le fond c'est un exellente idée qui permet un contact direct et efficace.
je tiens bien entendu à te renouveller et te confirmer mon soutien dans ta candidature.
Tu te serts de ton bilan et tu as raison de le faire, il est concret et conséquent.
Tu définis un projet ambitieux mais surtout réaliste pour notre barreau et, je sais connaissant ta personnalité que tu tiendras tes engagements.
Et je peux te dire, car étant pratiquement deux fois par jour au palais que ta campagne et ton programme plaisent.
Il suffit pour cela de voir les confrères qui te soutiennent et qui t'accordent leur confiance: ils sont jeunes mais aussi moins jeunes, ils sont débutants dans la profession mais aussi à la tête de "gros cabinets".
Un tel éventail démontre si besoin est que tu te situes bien au dela de simples réseaux d'influence le plus souvent étriqués et stérils.
Et c'est à mon sens une qualité indispensable pour faire un batonnier respectable et respecté.
Tu as mon entier soutien !

9. Le lundi 10 octobre 2005 à 11:53, par Jean-Jacques Ninon
A Me Florian Fouques
Merci pour ton soutien et tes encouragements.
Comme je l'ai écrit à plusieurs reprises, ce "blog - ou plutôt ce "bloc-notes", pour employer le mot français - est un moyen rapide et efficace pour être en relation avec mes confrères, et surtout à leur écoute. Je souhaiterais d'ailleurs, si j'étais élu, pérenniser un tel vecteur qui est un gage de transparence.
Mon but est en effet de dépasser ce que tu appelles "les réseaux d'influence" dans un Barreau qui s'est parfois divisé. Il est indispensable de rassembler pour édifier des projets communs et résister aux menaces de toute nature planant sur la profession.

10. Le vendredi 18 novembre 2005 à 00:05, par jean-marc
Le blog, c'est bien, mais le palais est irremplaçable : j'y apprends ce matin que l'on vous doit l'achat de 15000 cravates ! Pensez-vous vraiment que les confrères dont la moitié sont en cessation de paiement vont la porter (peut-être pour se pendre avec) ? A qui servent (vraiment) nos cotisations ?

11. Le dimanche 20 novembre 2005 à 10:16, par Jean-Jacques Ninon
A l’attention de Jean-Marc
Si vous voulez dire que le Palais, ou plutôt les bruits de ses couloirs, sont irremplaçables pour le travestissement des faits – contrairement au blog qui n’est que transparence – vous avez raison. Car la question des cravates que vous évoquez est exactement l’exemple d’une rumeur, voire d’un ragot.
Voici ce qu’il en est. En 1992, lors du bâtonnat de Jean-Claude Bensa, celui-ci m’avait demandé de dessiner des cravates, reproduisant le logo que j’avais créé pour notre Barreau. Ces cravates avaient un double objectif : - d’une part, être, à l’instar des grandes écoles ou clubs britanniques, un élément d’identification des membres de notre Barreau qui pouvaient les acquérir ; - d’autre part, servir de cadeaux – de coût modique – de notre Ordre aux Bâtonniers extérieurs, ce qui en faisait des présents de coût modique.
Notre Bâtonnier actuel, Jacques Randon, constatant qu’elles avaient toutes été épuisées, me demanda à son tour d’en concevoir de nouvelles. Après trois mois d’étude de différents projets, un échantillon fut finalement exécuté par la société Breuer, qui fabrique des cravates de luxe – notamment pour « Façonnable », « Lacroix » – et les commercialise également sous sa propre marque.
Le prix moyen des cravates « Breuer » oscille entre 80 et 100 €. Je parvins à les négocier au prix de 22 € l’une, pour une commande de 700 unités. Le Conseil de l’Ordre, au cours de sa réunion du 7 novembre 2005, a décidé de faire fabriquer ces 700 cravates – et non 15 000 ! –, qui seront proposées à nos 916 confrères (828 actifs + 88 honoraires) et offertes aux Bâtonniers ou représentants de Barreaux extérieurs lors de manifestations.
C’est ainsi que dans sa « La Lettre du Bâtonnier » n° 37 du 17 novembre dernier, Monsieur le Bâtonnier Jacques Randon – après avoir donné ces mêmes précisions, indiquait : « Vous pouvez d’ores et déjà passer vos commandes à l’Ordre. « Comme notre Barreau est composé pour moitié de ses membres au moins de femmes qui ne portent que très rarement la cravate, je compte proposer au prochain Conseil, de prévoir pour elles des foulards. « Je tiens à remercier, au nom de l’Ordre et de vous tous, notre confrère Jean-Jacques Ninon pour sa participation artistique et bénévole. »
Il est vrai que je suis amplement gratifié par l’honneur et le plaisir de réaliser pour notre Ordre ses affiches, plaquettes publicitaires et logos. De même, vous rappelez-vous peut-être – si vous n’êtes pas récemment inscrit – que j’éditais en fin d’année des cartes de voeux en avançant les frais d’impression. Vendues à la CARSAN (actuelle CARPA), leur bénéfice intégral fut versé à des confrères en difficulté, orpheline d’avocat et associations d’enfants handicapés présidées par un membre de notre Barreau.
Comme vous pouvez le constater, cher confrère, la commande de cravates que vous évoquez n’est nullement une opération grevant les finances de l’Ordre, puisqu’elle est destinée à être rentabilisée, comme la précédente.

12. Le lundi 21 novembre 2005 à 12:30, par Catherine
Mon cher Confrère, C'est avec attention que je découvre votre outil de communication et que je rattrape le temps perdu en lisant tous ces messages de soutien, le plus souvent, et de critiques, rarement. Prenant note de votre dernier message, c'est avec plaisir et impatience que j'attends les foulards revêtus des symboles de notre profession que vous avez si bien traduit pour nos confrères masculins. Je reviendrai sur un message plus ancien faisant mention de la disparition du centre de formation de Nice. Il me paraît extrèmement critiquable, même si les jeux sont faits, d'avoir supprimé cette section locale formant les futurs avocvats d'un des plus grands barreau français. Ceci alors que le Centre de Marseille obtient un résultat plus que mitigé de réussite des élèves avocats à l'examen de sortie!!! Environ 30 recalés alors que le centre de Nice, dont vous avez assuré la direction, peut s'enorgueillir d'une mission parfaitement remplie (100% de reçus!). A l'heure où sonne le glas, c'est bien ironique, et cela vous ressemble. L'efficacité discrète, même plus, une question d'hônneur. Pour cela, mon cher confrère, je vous remercie. Je vous assure de mon soutien, en attendant de vous le réitérer de vive voix.

13. Le vendredi 25 novembre 2005 à 08:46, par Jean-Jacques Ninon
Je reviens sur la commande des cravates décidée par le Conseil de l'Ordre, le 7 novembre 2005, et la rumeur qui s'en est suivie.
Ceux qui la répandent ne veulent-ils pas cacher derrière un bout de tissu, les véritables questions qui se posent à notre Barreau et qu'il faut résoudre. Critiquer, dénigrer, pour ne pas agir, n'est-ce pas le mal qui ronge notre société ?

14. Le mercredi 7 décembre 2005 à 12:48, par Jean-Jacques Ninon
A Marie-Claire Freundlich-Le Thanh & Frédéric Hentz
Ainsi que je le proposais, ci-dessus,le 5 décembre, continuons à échanger nos vues sur ce blog. D'ores et déjà, je réfléchis à une nouvelle présentation du site. De même, rencontrons-nous de façon conviviale pour discuter et approfondir nos relations. Sous quelle forme ? De simples discussions ou des dîners-débats sur des thèmes d'actualité judiciaire en invitant éventuellemnt une personnalité extérieure ? A vous tous d'en décider. Le débat est ouvert.
Une information de taille : hier, le nombre de visiteurs du blog atteignait 1 852. Détail amusant : parmi eux, des Américains,des Suisses, des Allemands et des ressortissants de diverses autres nationalités!!!

15. Le vendredi 9 décembre 2005 à 09:31, par frederic hentz
Il faut déconnecter le blog des réunions qui barbent tout le monde. Le blog d'aujourd'hui, c'est le palais d'hier : on y allait pour prendre son courrier, en cinq minutes ou en deux heures, on y parlait de ce qu'on voulait, avec qui voulait prendre part à la conversation, on ne se génait pas pour dire ce qui passait par la tête. Ce blog aura réussi quand un grand nombre de confrères se connecteront systématiquement en arrivant au bureau pour parcourir les messages de la veille. Après, certains entreront dans une discussion ouverte, d'autres lanceront un sujet, ou plongeront dans leurs dossiers... Allez voir un exemple de blog qui marche entre passionnés d'une certaine voiture qui cherchent des solutions à leurs pannes mécaniques : "doudi.dnsalias.com/phorum... En d'autres termes, un blog n'est fréquenté que s'il permet de régler des problèmes. Mais pour déclencher le réflexe-blog, il faut nous interesser à nos vies professionnelles respectives...

16. Le vendredi 9 décembre 2005 à 09:49, par frederic hentz
Et si le ouebmaitre en est d'accord, je vous fais part de mon problème d'hier: convoqué devant le JLD à 10 heures, j'apprends avec satisfaction que l'escorte du client est arrivée, et j'attends jusqu'à 10h20 que la greffière (un peu génée) téléphone à M. BONNET que "l'avocat est là" (elle n'ose pas ajouter "depuis 20 minutes comme on le lui a demandé"). Cinq minutes plus tard, elle rappelle pour annoncer que "maintenant le parquet est là aussi". 10h40, le JLD entre en majesté et sans un mot d'excuse; quant à la parquetière, elle ne dit même pas bonjour ! Plutôt que de les laisser bénéficier du mépris profond, mais confortable, dans lequel j'ai quitté l'audience, ne pourrait-on envisager une réaction ? Je sais que c'est dérisoire, mais c'est comme ça toute la journée, et ça commence à me miner ...

17. Le vendredi 9 décembre 2005 à 12:46, par Jean-Jacques Ninon
A Frédéric Hentz
Je suis d'accord avec toi : le blog peut remplacer nos anciennes conversations du Palais où tout un chacun pouvait s'immiscer et s'en retirer à sa guise, au gré du sujet évoqué, de son humeur, de ses impératifs d'audience ou ... de rendez-vous au bar de la place du Palais (à l'époque, il n'en existait qu'un). Mais pour que le plus grand nombre vienne participer à notre conversation électronique, il faut revenir à des pratiques ancestrales : inciter, par le bouche-à-oreille, nos confrères à venir s'y joindre.
En outre, ce blog deviendra un véritable outil non seulement par le nombre de participants, mais aussi par les questions évoquées. Quel que soit leur sujet, pourvu qu'y règne la liberté. Il en est ainsi lorsque tu relates le problème que tu as rencontré lors d'une audience du JLD. Est-ce d'ailleurs un problème ou une pratique courante, illustrant le dédain ou le mépris envers des gêneurs. Pour beaucoups de magistrats, les auxiliaires de Justice que nous sommes, ne sont que des accessoires de Justice, alibis dans un régime démocratique soumis, il est vrai, à des menaces - telles que le grand banditisme et le terrorisme - qui risquent de le gangréner et de changer, justement, sa nature. Nous parlons au Palais des difficultés que nous rencontrons dans l'exercice de notre charge (c'est le mot). Mais cela reste entre initiés Tandis que là, sur le blog, tout le monde, notamment les justiciables, peuvent en prendre connaissance. Ainsi, comme je le souhaitais, les avocats franchissent les portes du Palais pour entrer dans la Cité. N'oublions pas que nous sommes également des citoyens, dotés d'une mission : défendre leurs concitoyens.

18. Le vendredi 9 décembre 2005 à 22:52, par frederic hentz
J'avais oublié que ce blog est public ! Tant mieux, on va pouvoir balancer dans la transparence... Pour ce premier thème, je suis curieux de voir si mon cas est isolé (je suis peut-être paranoïaque), si les confrères s'en moquent (je suis peut-être ombrageux), si des solutions existent (m'entraîner à la courbette très en vogue?)

19. Le lundi 12 décembre 2005 à 21:02, par frederic hentz
Je lis dans Nice-Matin de ce jour que l'Ordre des Avocats ne squattera plus le Palais, selon le principe intangible que l'occupation du domaine public emporte perception d'une redevance ! Qu'en pense le propriétaire de la rutilante 607 bleue marine immatriculée 213 YH 13 qui a squatté la place du palais tout le vendredi après-midi, poussant l'outrecuidance jusqu'à garer son véhicule au ras de l'escalier au point de géner la circulation des piétons ? Pendant ce temps, le batonnier comptait nos sous pour payer la prochaine redevance et la police verbalisait à tour de bras les délinquants de la route dans les rues adjacentes ... Avis d'enquête : qui est cet intouchable ? à moins qu'il ne s'agisse d'un véhicule de police puisqu'un gyrophare était visible sur le tableau de bord ?

20. Le mardi 13 décembre 2005 à 17:17, par Jean-Jacques Ninon
Je ne pense pas que le cas rencontré par Frédéric Hentz lors d’une audience du JLD, soit isolé. Il est courant et récurrent, issu d’une époque où l’avocat s’aplatissait devant les magistrats. Le problème, c’est que nous ne sommes plus sous l’Ancien Régime et que plusieurs révolutions politiques, sociales et économiques sont passées par là. Mais pas judiciaires. C’est sans doute la raison pour laquelle notre pays décrochera bientôt la palme des erreurs judiciaires, tant le système est confit dans son bon droit, sa bonne conscience, sa suffisance et son absence de remise en cause.
Reportons-nous au « Point » du 8 décembre 2005 . Un débat y oppose notre confrère Jean-Louis Pelletier à Dominique Barella, président de l’Union Syndicale des Magistrats (majoritaire et modérée), toujours en pointe pour revendiquer au nom de ses collègues. Pour lui, le fiasco d’Outreau, est évidemment de la faute des autres, pas vraiment des magistrats : « Plutôt que de fiasco, je parlerais de crash judicaire. Avec un bémol : la cour d’appel de Paris a fonctionné. Dans cette affaire, la presse a aidé les derniers temps mais, dans un premier temps – j’ai gardé l’ensemble des coupures de presse –, des personnes ont été traînées dans la boue. La justice les a injustement mis en détention provisoire. Mais qui a donné les noms ? Des avocats des parties civiles. Qui a parlé de réseau ? Qui est allé filmer en Belgique un magasin, prétendant que c’était celui tenu par deux mis en examen, père et fils ? Quand on parle des éventuelles erreurs des juges, il ne faut pas oublier le contexte. La pression sociale est forte dans notre société lorsqu’il est question d’affaire de moeurs et de pédophilie. Cela dit, les magistrats sont les premiers responsables ders décisions qu’ils prennent. »
Je ne savais pas que les juges, par exemple d’instruction, chargés d’instruire une affaire – comme leur nom l’indique –, de chercher la vérité, étaient ainsi soumis à l’opinion publique. Quel est l’avocat qui s’était écrié, face à un tribunal : « N’écoutez pas la rue, c’est une fille publique ».
En France, on ne discute pas, on ne réforme pas, on ne prévient pas une revendication. On attend que le peuple descende dans la rue. La révolution, plutôt que la discussion, le mépris plutôt que l’écoute de l’autre.
Et cette voiture garée sur la Place du Palais, le jour de la visite au TGI de Nice du Premier président de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, à qui appartient-elle ? Je ne vois pas trop. Mais pour l’avoir également remarquée, elle avait trouvé comme seul endroit sur l’immensité de cette place – où elle ne devait déjà pas y être – le bas des marches du Palais où elle gênait le passage, faisant fi des justiciables et des avocats. Le Tiers Etat d’aujourd’hui face à la noblesse de robe.

21. Le mardi 13 décembre 2005 à 23:31, par frederic hentz
Donc, 607 occupant le domaine public sans redevance et à un endroit non affecté au stationnement = premier président ? Jurisprudence à ressortir devant le tribunal de police... Au fait, de quel droit le premier président a-t-il un gyrophare dans sa voiture ? C'est un service d'urgence le premier président ?

22. Le mardi 13 décembre 2005 à 23:57, par frederic hentz
Devinette de ce matin : A un avocat qui contestait les attestations de son adversaire devant la première chambre civile, en expliquant qu'il allait déposer plainte au pénal pour faux-témoignage, quelqu'un lance à haute et intelligible voix : "c'est un fonds de commerce !". Qui est l'auteur de cette crapulerie? Réponses : 1/ le client, qui vient de comprendre qu'il allait devoir financer une nouvelle procédure imaginée par son avocat ? 2/ l'adversaire, qui a le sentiment que son malheur conjugal fait le bonheur des avocats ? 3/ le juge, qui sait bien que les avocats encombrent les tribunaux pour gonfler leur chiffre d'affaires ?

23. Le mercredi 14 décembre 2005 à 15:59, par Claire Verneil
Un autre sujet, hélas récurrent. Pendant toutes mes études de droit, je me suis laissé dire que le propre de l'avocat était de plaider, de porter la parole de son client. Pas plus tard que le 16 septembre 2005, dans les salons de l'hôtel Westminster, il me semble que l'éloquence de l'avocat était à l'honneur... Or, pensant aux multiples audiences civiles où je représentais une partie, je constate que j'ai assez de mes deux mains pour comptabiliser les fois où j'ai eu l'opportunité de plaider un dossier. Pensez, devoir affronter la litanie des délibérations, les demandes de renvois et les dépôts avant de voir réapparaître la pile de dossiers à plaider, en espérant ne pas être renvoyé à une date ultérieure, nécessite une patience et une abnégation à toute épreuve. Le seul moment où vous pouvez vous exprimer est lorsque un confrère vous salue et vient échanger quelques mots, pour passer le temps. Même si cela est sans conteste plaisant, il serait agréable de pouvoir aussi s'exprimer face aux magistrats. Et pas seulement sur le temps qu'il fait.

24. Le mercredi 14 décembre 2005 à 17:51, par Jean-Jacques Ninon
Un article figurant à la page 2 de « nice-matin » du 10 décembre 2005 révèle – a contrario – le peu de considération attaché à notre profession :
Il est intitulé : « Trafic de vrais faux papiers. Un fonctionnaire de la préfecture écroué ». « Ce dernier, âgé de 38 ans, a été discrètement arrêté il y a quelques semaines, mis en examen pour « faux et usage de faux documents administratifs par le juge Jean-Pierre Murciano et écroué ».
Auriez-vous vu un tel luxe de précautions et de discrétion si ce mis en cause avait été avocat ? L’aurions-nous appris plusieurs semaines plus tard, après que son anonymat fut sauvegardé. Rappelons-nous le cas de notre dernier confrère interpellé le 28 septembre 2005 (commentaire 20), son nom étalé à pleines pages pendant plusieurs semaines, en dépit de son âge, de sa grave maladie, de sa femme et de ses enfants.
lire la suite : http://www.ninon-avocat.com/archblog2.html ou sur le Lien : suite Blog (en haut à droite)

25. Le jeudi 15 décembre 2005 à 00:33, par frederic hentz
Là, je ne comprends pas ! La barre nous appartient, et nous devons la
garder, peu importent les vicissitudes de l'audience. Je trouve au contraire
que certains magistrats attendent les plaidoiries...que leur refusent parfois
certains avocats ! Il faut aussi balayer devant notre porte: déposer un
dossier, c'est le confort de la facilité, se plaindre que l'on ne nous écoute
pas, c'est le confort de la paresse, nier l'efficacité d'une plaidoirie, c'est
saborder la profession. Nous sommes payés pour plaider; quand nous ne
plaiderons plus, les clients se passeront de nous. Et quel remords
d'abandonner son dossier entre les mains d'un magistrat, quel
soulagement d'avoir vidé son sac devant le client... Il faut savoir exiger de
plaider: face au confrère qui propose de déposer, qu'il le fasse, je plaiderai
seul; face au juge qui sollicite les dossiers, j'ai quelques explications à
donner; en butte aux ricanements, je plaide que je ne l'admets pas.
L'avocat muet, voilà l'ennemi... Et le client le sait: "j'ai perdu mon procès,
mais mon avocat n'a même pas plaidé..."

26. Le jeudi 15 décembre 2005 à 11:15, par Jean-Jacques Ninon
Je ne voudrais pas rendre un jugement de Salomon. Mais Claire Verneil et
Frédéric Hentz ont tous deux raison.
Par définition, notre Premier Secrétaire du Stage, qui avait également été
finaliste du Concours d’éloquence des élèves-avocats, aime et souhaite
plaider. Mais il est difficile de demander à un jeune confrère qui fait ses
premières armes, de s’imposer avec autorité contre des magistrats. Par
définition aussi, un avocat chevronné sait comment s’y prendre si, bien
sûr, il en a la volonté. Tout s’apprend avec le temps. Ce n’est pas le titre
d’une chanson, mais un précepte.
Malgré toute l’expérience et l’astuce qu’il est possible d’acquérir et de
posséder, comment faire quand on se heurte à des juges encore plus
malins. Vous avez certainement noté leur dernière ruse : l’appel des
causes interminable repoussant en fin de l’audience les plaidoiries et
obligeant finalement les avocats à déposer leurs dossiers, s’ils ne veulent
pas perdre leur matinée.

27. Le jeudi 15 décembre 2005 à 23:54, par frederic hentz
"...s'ils ne veulent pas perdre leur matinée" : mais c'est déjà mépriser la
plaidoirie ! Quand cessera cette stupidité de convoquer tous les avocats à
la même heure ? Expérience du Jaf à Paris : convocations de demi-heure
en demi-heure. En Suisse, le greffier téléphone aux avocats pour prendre
leurs convenances (on peut rêver). Pourquoi pas un appel des causes
électronique : simple, économique, rapide et contradictoire.
Qui dit mieux ?

28. Le mardi 20 décembre 2005 à 12:20, par florian Fouques
je viens juste de récupérer l'usage d'internet après plusieurs semaines de
silence et je m'apperçois avec grand plaisir que ton bolg continue à
fonctionner et que l'on discute d'un sujet qui me tiens particulièrement à
coeur.
En effet, je suis parfaitement d'accord avec notre confrère HENTZ quand il
indique que losrque nous ne plaiderons plus les clients se passeront de
nous.
A mon sens un nombre important de clients et, surtout les particuliers,
sont convaincus de pouvoir conclure et cela ne les "impressionne" pas.
En revanche une belle plaidoirie avec du public et en robe, fait en général
une très forte impression sur le client.
C'est en effet l'image qu'il a de notre profession.
A ce titre et forts de ce constat, depuis quelques mois je demande le plus
souvent au client de venir assister à mapalidoirie.
Cela me permet notamment de plaider librement vis à vis de mes
différents interlocuteurs mais surtout d'impliquer le client dans l'affaire.
Il me voit et m'entend plaider ( j'espère pas trop mal... ), il constate que
je m'implique pour son affaire et ne peux pas me rerpocher de ne pas
avoir fait le maximum pour la défense de ses intérêts.
Je dois dire qu'après plusieurs mois d'essais de cette technique, je n'ai eu
pour l'instant que des retours positifs!


29. Le mercredi 21 décembre 2005 à 23:45, par fh
Eh oui ! quand le travail est fait, il ne faut pas le cacher... c'est le secret
des pénalistes, souvent critiqués, mais qui ont un rapport vrai avec le
client, ce qui est de moins en moins le cas des civilistes avec les
consommateurs de droit. Ne parlons pas des institutionnels qui sont
devenus des financiers, souvent indifférents au resultat pourvu qu'il soit
prévu, donc provisionné, et vite expédié, donc peu couteux.

30. Le mercredi 21 décembre 2005 à 23:51, par fh
Encore un tracas d'audience ! JAF mardi matin...ça ne m'était plus arrivé
depuis un moment...j'avais oublié... l'entassement, les clients appuyés au
mur, les avocats embarassés, la température qui monte, l'odeur fétide...il
faut avoir les nerfs solides pour divorcer ! Et pour le plaider ? plus de
trente affaires au rôle... Bétail au dehors, abattage au dedans: la justice,
une petite affaire qui marche.

31. Le samedi 24 décembre 2005 à 08:27, par fh
La cravate, enfin ! De bien meilleure facture que la précédente et plus chic
à mon goût, elle a déchainé des passions que n'avait pas suscité
l'ancienne...que tu avais dessinée pour compléter l'uniforme de notre
équipage à la Barreau's Cup. Voilà le hic : tu n'as pas dédié la nouvelle à
une minorité agissante du Barreau. On peut imaginer que les footeux, les
revus, les musicos, les théatreux etc, auraient empéché l'emission de
toute critique, consensus oblige, puisque si l'investissement de la cravate
est discuté sur la place du palais, le coût de toutes ces fantaisies a
toujours été pudiquement éludé ... En tous cas, bravo pour cet instrument
publicitaire de qualité et les économies qu'il induit sur le budget "cadeaux"
de l'Ordre : 22 euros la cravate contre 70 euros la livre de chocolats,
faites vos comptes ... en plus, le stock ne périme pas!

32. Le samedi 24 décembre 2005 à 10:16, par Jean-Jacques Ninon
Ravi que des points de vue s’échangent enfin entre des confrères – et non
pas seulement entre des confrères et moi – sur ce blog qui, peu à peu,
devient un forum de discussion ouvert à tous, en toute transparence :
l’exact opposé des rumeurs et ragots courant les couloirs du Palais ou les
terrasses de bar de la place éponyme.
Heureux aussi que la dernière cravate que j’ai réalisée pour l’Ordre plaise
à Frédéric Hentz, si critique habituellement. Eh oui ! L’idée d’une cravate,
signe de reconnaissance des membres d’un même Barreau, d’un coût
dérisoire vendue à prix coûtant aux confrères ou servant de cadeaux aux
avocats extérieurs – sans que cela obère donc finalement d’un centime les
finances de l’Ordre – est plus critiquable que les subventions accordées
aux clubs de foot, de planches à voile ou de patins à roulettes du Barreau.
Pour revenir à des sujets moins dérisoires, qui devraient plus préoccuper
nos confrères, par exemple, les audiences du JAF qui choquent Frédéric,
je vous rappelle ce que j’écrivais ici même, le 3 novembre 2005 :
« Si j'étais élu, (…) mes priorités concerneraient :
« 1 - Les audiences du JAF.
Je souhaiterais mettre fin au spectacle dévalorisant que constituent les
attentes anarchiques dans les couloirs du Juge aux affaires familiales, au
Palais Rusca, devant des justiciables déjà assez angoissés ».
Voyons ce que feront nos élus. Voyons ce que seront leurs priorités.

33. Le lundi 2 janvier 2006 à 10:15, par fh
C'est reparti ! Bonne année à tous. Quel sera le style de l'Ordre en 2006 ?
Vivement la première circulaire du nouveau Batonnier qu'on puisse
aviser... Et bonne santé à Jacques Randon qui va pouvoir se reposer de
ces deux années tambour battant ...

34. Le lundi 2 janvier 2006 à 12:27, par Jean-Jacques Ninon
Joyeuse année à tous.
Comme FH le propose, souhaitons à notre Bâtonnier Jacques Randon
quelque repos - mais ce n'est pas son genre -, après ses deux années de
travail intense et de réformes engagées. Espèrons qu'elles ne seront pas
remises en question : notamment la réorganisation de l'Ordre et de son
budget, les fiches de permanence, l'acquisition de nouveaux locaux tout
en assurant notre maintien dans le Palais de Justice.
Première bonne nouvelle de l’année. « Nice-Matin » nous apprend que
deux de nos confrères de notre Barreau parmi les plus éminents,
spécialisés en droit de la construction, viennent d’être élus présidents de
l’association « Cobaty » : Jean-Pierre Castillon, pour la Côte d’Azur et
Jean-Louis Augereau pour la région PACA.
« Cobaty International », représentée dans plus de 100 pays, regroupe
263 métiers de la construction, de l’urbanisme, de l’environnement et du
cadre de vie.
Toutes mes félicitations à nos deux confrères qui commencent aussi bien
l’année. Et qui sont si modestes, puisque c’est par la presse locale que
nous apprenons leur élection. Peut-être pensaient-ils, par leur discrétion,
éviter de nous offrir un verre. Eh bien, c’est raté. Je vous engage, lorsque
vous les croiserez, à leur présenter vos félicitations pour qu’ils vous
remercient de la sorte.
En tout cas, faisons comme eux, poursuivons notre tâche pour le renom
de notre Barreau.

35. Le lundi 2 janvier 2006 à 23:16, par fh
ça démarre en trombe ! Pourquoi pas un apéritif (ou mieux, puisqu'ils sont
deux à régaler) pour présenter Cobaty ? Le Batonnier pourrait prêter ses
locaux ? On fête bien les départs à la retraite...

36. Le mardi 3 janvier 2006 à 12:12, par Jean-Jacques Ninon
Eh, oui ! Nous sommes apparemment plusieurs, au moins un quarteron
(comme eût dit à tort de Gaulle pour les quatre généraux factieux, alors
que "quarteron" représente le quart de cent, soit 25) à attendre que les
deux confrères-présidents de Cobaty daignent nous régaler.
Mais où sont-ils passés ? Impossible de mettre la main sur eux, au Palais
ou sur la place éponyme. Ils sont introuvables, comme aurait dit Bazaine -
un autre général - à la recherche de son armée, en 1870.

37. Le mardi 3 janvier 2006 à 22:31, par fh
et le Maréchal Randon, il était où en 1870 ?

38. Le mercredi 4 janvier 2006 à 10:49, par Jean-Jacques Ninon
Je ne sais s'il y eut un maréchal Randon, mais, en 1802, le deuxième
préfet nommé dans le département des Alpes-maritimes se nommait
Chateauneuf-Randon. Son administration tatillonne et maladroite livra
Nice à l'abandon. La ville est alors sale, encombrée de malades et de
vagabonds. Peu sûre, les tripots y foisonnent, les moeurs se relâchent. De
sorte que, dès 1803, le Consulat remplace Chateauneuf-Randon par
Gratet du Bouchage, dont un boulevard de notre ville porte maintenant le
nom raccourci.
En parlant d'Ordre, qui, aujourd'hui, se fait raccourcir ?

39. Le mercredi 4 janvier 2006 à 23:37, par fh
Quelle déception ! Le Batonnier ne lirait-il pas le blog ? Le 2, je
m'impatientais de juger le nouveau style de l'Ordre. Le 3 est tombée dans
nos cases la lettre du batonnier n°1 intitulée "urgent libération des
vestiaires". Bien sûr, cette mesure ressort de "l'héritage". Bien sûr, c'était
au précédent Batonnier de la mettre en oeuvre en temps utile. Mais
Jacques Randon est trop fin politique pour partir sur un courrier de dame-
pipi. Il a préféré sortir sur l'inauguration des locaux de remplacement, un
message d'espoir... Henri Charles, le batonnier que nous aimons, n'a-t-il
pas le sens des symboles ? Ne pouvait-il entamer son batonnat que par
une mesure de basse police ? N'a-t-il d'autre message à nous adresser
pour son entrée en fonction ? On aurait même accepté ses voeux ! de
bonne santé (ça ne coûte rien), de prospérité (là, j'exagère), de confiance
en l'avenir quand 240 stagiaires prêtent serment devant la Cour. Il aurait
pu numéroter 1bis ou même 2 sa circulaire au style technocratique
("niveau -1" pour sous-sol en français), erronée en droit ("le ministère de
la justice, propriétaire des lieux", alors que c'est le Conseil général),
caporaliste ("et de rapporter les clés au secrétariat") et surtout, surtout,
flagorneur ("il y a urgence car les travaux... il est donc necessaire que..."
qu'est-ce qu'on s'en fiche?). Celà étant, demain, je profiterai une dernière
fois de cet avantage féodal, et après l'audience, j'irai retirer de ce
vestiaire qui ne les mérite pas la robe et la toque de notre vieux Nicolaï,
un de ceux qui nous ont appris qu'à Nice, on plaide debout et en
français... Batonnier, tu n'es pas le concierge du Palais !

40. Le lundi 9 janvier 2006 à 14:21, par Jean-Jacques Ninon
Autre bonne nouvelle de l’année qui commence : 2006 est l’année de la
santé. Pas la prison, mais le bien-être, l’excellent état physique et
psychologique.
La preuve ? Les salariés de l’Ordre qui étaient en arrêt de travail pour
cause de maladie sont tous revenus à leur poste après que 2006 fut
entamée seulement d’une semaine. Ils rejoignent leurs anciens collègues
et leurs remplaçants. Donc bonne nouvelle pour notre Barreau : grâce à
ce supplément d'âmes, le courrier sera traité encore plus rapidement ;
plus spécifiquement, nos jeunes confrères seront ravis : leurs
commissions d’office et leurs AJ iront à la vitesse du son.
Vive 2006, la guérisseuse.

41. Le mardi 10 janvier 2006 à 17:10, par Jean-Jacques Ninon
4/3 = 5/3. Ce n’est pas une formule magique ou algébrique. Ma rationalité
et mon incompétence en mathématiques, voire en simple calcul, sont
phénoménales.
« 4/3 », c’est le nom d’agapes. Hier soir, en effet, avait lieu le « repas des
4/3 », un dîner qui réunit au début de chaque année le Conseil de l’Ordre
renouvelé par tiers lors des élections du mois de décembre précédent,
outre le tiers sortant, dont je fais partie. Soit au total quatre tiers.
Le dîner, cette fois, se déroulait au « Don Camillo », rue des Ponchettes.
Organisé par notre consoeur Paule Rey qui siégeait à la table d’honneur,
regroupant les bâtonniers, anciens, futur et actuel, auprès duquel elle se
trouvait. Innovation de notre nouveau Bâtonnier : les 4/3 étaient devenus
5/3.
Quant à moi, j’étais à une petite table sympathique – la difficulté dans ce
genre de confraternelle assemblée étant justement de se placer à une
table sympathique – avec Jean-Pierre Castillon, Xavier Walicki, Patrick Le
Donne, Frédéric Chambonnaud.
Je ne rapporterai pas nos propos de table. Du déjà entendu. Pas besoin de
trop d’imagination, juste un peu de mémoire. Référez-vous à votre
dernière conversation de civette de la place du Palais.
Je vous livrerai simplement le menu concocté par le chef de
l’établissement, Viano :
Purée liquide de petits pois manquant de sel (pas les discussions), servie
selon les tables dans une tasse à café ou dans un verre à liqueur. Avant
de m’apercevoir de la réalité du contenu, car me fiant au contenant, je
demandais au garçon pour quelle raison, nous étions privés de dîner,
puisqu’il nous abreuvait directement de café ou de pousse-café.
La méprise – tout de même excusable – ayant été dissipée, nous eûmes
droit (c’est le mot) à une nage de raviolis agrémentée d’une ou deux
coquilles Saint-Jacques et toujours dépourvue de sel. Mais bonnes, si on
en rajoutait.
Puis ce fut une purée – décidément – de pommes de terre surmontée de
trois côtes d’agneau. Ou plutôt d’agnelet, vu leur atrophie. Il est vrai que
notre ex-confrère du même nom avait son cabinet non loin de là, cours
Saleya.
Un lichette de fromage et une feuille de salade précédèrent une agréable
tranche de gâteau au chocolat qui clôturait le banquet.
En conclusion – comme diraient les juristes – un repas, comment dire ?
Sympathique. C’est le mot.

42. Le mercredi 11 janvier 2006 à 10:15, par Le Périscope
Réjouissons nous en cette nouvelle année. Nous avons gagné au change.
C’est la multiplication des petits pains. Nous pensions avoir désigné UN
bâtonnier, nous en avons élu, sans le savoir, une flopée.
A ses côtés pour l’aider, le conseiller, l’assister, le soutenir, le protéger,
l’accompagner, le seconder, le secourir, en résumé pour lui faciliter la
tâche :
- les deux Michel : Babled, son quasi-associé, et Tolosana, son ex-
collaborateur et actuel chambellan ;
- Daniel Nagara-Valmy, son présent collaborateur et président de l' UJA;
- les anciens bâtonniers Jean-Claude Bensa et Bernard Delsol.
C’est ce que l’on appelle une direction collégiale. Ou une direction diluée.


43. Le mercredi 11 janvier 2006 à 18:58, par Jean-Pierre CASTILLON
C'est avec plaisir que je constate que J-J NINON se remet à la critique
gastronomique façon "Palais Gourmet"
Je déplore que les frères VIANO n'aient pas donné tout leur talent dans la
confection du menu car ils m'avaient habitué à davantage d'originalité et
de saveurs.
Je crains que leur talent ait été bridé par quelques consignes de sagesse
dont le résultat a été, pour partie, une certaine insipidité.
Rien d'anormal d'ailleurs dans nos sociétés de platitudes ou le banal le
dispute à l'absence d'originalité (Lire au second degré)
Un grand bravo toutefois pour l'agneau!
Soirée symphatique ayant permis un regroupement non pas par affinité
mais par exclusion.
Celà me convient parfaitement car j'ai eu la chance d'être à une table
conviviale ou dieu merci j'ai pu manger et discuter à loisir sans blesser
personne ou me montrer hypocrite.
Le cognac bu avec le cigare était excellent et il m'a permis de deviser avec
mon ancien maître de stage.
Je ne conduisais pas pour rentrer mais ai pu toutefois enfiler mon pyjama
jambe après jambe ce qui est le signe d'une tempérence certaine ou d'une
résistance insigne à l'alcool.
J'ai déploré que certain bâtonnier ne soient pas de la fête mais je pense
que l'orgueil a primé sur la fête.
Au final une très bonne soirée pleine de sous entendus et d'éloges feints.
Mais ne vaut-il pas mieux l'ambiance d'une réunion de sous-préfecture à
celle d'un après combat ?
Le débât est ouvert.

44. Le vendredi 13 janvier 2006 à 14:26, par EPULON
Je n'assistais pas au repas des 4/3 car je ne suis pas membre du Conseil
mais je pense que le jugement de notre confrère CASTILLON sur le repas,
est fondé, dès lors qu'il est assez "fine gueule"..
De mauvaises langues m'ont révélé que le menu avait été élaboré par un
confrère qui semble retrouver un certain crédit bien que n'étant pas
membre du conseil: Me X.
Je trouve d'ailleurs singulier que sa présence ait été tolérée sauf à
considérer que sa gentillesse, son charme et son absence d'animosité à
l'égard de quiconque soit une nécessité pour cimenter le barreau.
Jacques RANDON a eu au moins le mérite de couper tous liens avec les
errements anciens qui malheureusement se sont renoués très vite.
L'instrus(e) n'a certainement pas manqué de proférer des horreurs avec
sa voix de crecelle en jouant les parangons de vertu.
J'emploie cette expression qui est en général convenue mais qui sied très
mal à son cas puisqu'un parangon est une perle sans défaut.
Pauvre barreau!
Je pense que "Périscope" aurait pu l'ajouter à la foultitude de bâtonniers
car j'ai tout lieu de penser que très vite on va la revoir au Palais.
Il en va des avocats comme des étourneaux : ils migrent au hasard des
saisons.
Je suis plein d'indulgence pour notre nouveau multi-bâtonnier mais pense
qu'il devrait mettre un terme à de pareilles pratiques pour éviter d'être
jugé sur une lâcheté à réagir.
Je n'ose en effet penser un seul moment qu'il se laisse manipuler car alors
s'installerait la désespérance.
Bonne année aux vrais avocats


45. Le samedi 14 janvier 2006 à 10:31, par fh
Quelle sévérité ! Après tout, si la collégialité peut donner des idées,
pourquoi pas ? Pour le reste, le compte-rendu manque de visibilité :
portaient-ils tous, au moins, la nouvelle cravate de l'Ordre ?

46. Le samedi 14 janvier 2006 à 10:54, par fh
Les interventions protocolaires du Batonnier Randon m'ont toujours mis
mal à l'aise : bien sûr, on y puisait des audaces, et l'oreille exercée
parvenait à suivre le fil du discours, mais comment le pékin percevait-il ce
tribun débridé ? Eh bien, de l'avis général mentonnais (qui n'est plus
Aubert), le discours du batonnier de l'an passé était bien meilleur que
celui d'hier. Snobisme de l'antique ? Trop de reserve de Charles qui n'a
pourtant pas l'appréhension de la barre ? C'est Bellaveglia, le nouveau
président du CPH, qui a volé la vedette cette année, félicité chaudement
par Montgolfier. Puisqu'on parle agapes, une mesquinerie : le député-
maire a régalé tous les juges consulaires dans le cadre bucolique de Maria
Séréna, les Prudhommes ont été renvoyés dans leurs foyers. N'est pas
Paule Rey qui veut...

47. Le samedi 14 janvier 2006 à 11:29, par Jean-Pierre CASTILLON
Je tiens à remercier EPULON pour les quelques qualités gustatives qu'il me
prête.
Pour le surplus je ne tiens pas à alimenter une quelconque polémique
même si ce blog, dont le géniteur n'est pas maître des opinions qui s'y
expriment, doit permettre un échange constructif ; voire polémique.
En ce qui me concerne, et comme toujours, je préfère agir à visage
découvert et signer de mon nom les idées que j'y acte.
Si les reflexions d' EPULON, sur le Maître Queue, sont avérées je le
déplore.
Si elles ne le sont point elles pourraient l'être.
Si elles le devenaient il est exact qu'il y aurait matière à interrogation.
Le pouvoir requiert des avis mais la décision doit être solitaire.
Je souhaite, ce faisant, un bâtonnat impartial, juste, à l'écoute de tous et
dénué de toute idée de revanche ou de désirs de vengeance.
Pour mes éventuels états d'âme ou désirs de bons mots qu'il me soit
permis de garder un jardin secret tout au moins aujourd'hui.


48. Le lundi 16 janvier 2006 à 15:29, par Jean-Jacques Ninon
"Epulon" m'a mis devant un problème de conscience : celui de la censure.
Bien que cela me déplaise, étant profondément libertaire, je me suis cru
obligé d'enlever le nom qu'il citait en raison de la responsabilité juridique
encourue par le propriétaire du blog ; laquelle est la même que celle d'un
rédacteur en chef d'une publication de presse. Et comme Epulon est un
pseudonyme ... je n'y ai pas vu grand mal en enlevant un nom, puisque
lui même masquait le sien.

49. Le mercredi 18 janvier 2006 à 00:05, par fh
Personne n'est allé à la rentrée solennelle ?

50. Le mercredi 18 janvier 2006 à 10:13, par EPULON
JJ NINON a raison.
Il ne faut pas que le blog lui attire des ennuis.
Je pense toutefois que les lecteurs auront reconnu le nom tronqué.

51. Le mercredi 18 janvier 2006 à 12:34, par Orange amère
J'ai eu l'heur de prêter serment sous le bâtonnat de notre estimé X, bien
connu pour son attachement (c'est peu dire) au strict respect des règles
déontologiques qui nous permettent, (enfin, devraient nous permettre),
de mener une vie harmonieuse, attachement au moins aussi passionné
que sa dévotion au culte du ballon rond (vous voyez de qui je parle ? Oui,
c'est vrai, ils sont nombreux au club, les bâtonniers en question !). Bon,
allez, j'ai prêté serment en 1995, cela vous éclaire ? Oui, juste après la
fusion, cette satanée fusion sans cesse décriée, à l'origine de tous nos
maux. Ben finalement, la vie n'est pas si harmonieuse que cela, (voire
pire …). En tous cas, certaines de ses règles sont contraignantes, c'est le
propre d'une règle, n'est-ce pas ? Alors je veux bien les respecter mais à
charge de réciprocité. Or, c'est là que le bât blesse ! Qui de nos jours
entend respecter une règle contraignante sans qu'une sanction à la clef ne
vienne l'y inciter ? Les avocats ont-ils plus de sens civique que le citoyen
lambda ? Vous y croyez encore, à notre serment ? Pour ma part les
quelques problèmes déontologiques sérieux que j'ai pu rencontrer et
soumettre au Bâtonnier n'ont jamais donné lieu à quelque solution que ce
soit … Rien, pas le moindre rappel à l'ordre, pas la moindre menace de
blâme … Même pas une tentative de médiation ! Ces choses (la
déontologie de l'avocat) se perdent, et quelques vieux barbons (pardon !)
s'insurgeant contre leur disparition n'y changeront rien, car il ne suffit pas
de s'insurger. Il faut expliquer, il faut aussi prendre en compte l'évolution.
Les sacro-saintes règles déontologiques, à mon sens, devraient être mises
en cause (je n'ai pas dit "remises" en cause, pour reprendre une nuance
qu'apprécierait la nouvelle patronne du MEDEF au sujet de sa petite
phrase d'hier sur la "mise" en cause des 40 heures) car l'on peut se
demander si certaines d'entre elles sont encore d'actualité, en phase avec
l'évolution non pas de notre profession, mais de ses conditions d'exercice.
Reste que celles liées à la courtoisie et à l'honnêteté entre confrères
pourraient être abrogées pour obsolescence. Quant à moi, pourquoi ne
donnerais-je pas toutes ses chances à mon client en évitant de
transmettre copie de mon assignation au confrère, en produisant des
pièces à la dernière minute, en les glissant subrepticement dans le dossier
de plaidoirie, en m'abstenant de répondre aux multiples courriers du
confrère adverse … alors que je dois subir cela de sa part ? Dois-je
continuer à le faire par respect pour ma robe ou plutôt par respect pour
l'image que je tiens à donner au public de ma robe ? Bof ! L'image de
l'avocat dans le public, ce n'est pas moi qui vais pouvoir la revaloriser, elle
est tombée bien trop bas. Pour être fidèle à mon serment ? Oui,
évidemment, mais j'ai l'impression d'être un dinosaure et mon client
comprend mal …Il préfère aller voir ailleurs, où l'on est plus pragmatique,
plus efficace … Il n'a cure de nos valeurs vieillottes et dépassées, de nos
jours, on le comprend … Enfin, JJ, depuis le temps que tu nous proposes
des débats autour d'une bonne table, que penses-tu de ce sujet ? Mais il
faut que la table soit bonne, quoique … attention aux aigreurs qui
pourraient gâter notre digestion, voire notre plaisir !


52. Le mercredi 18 janvier 2006 à 12:55, par Noninitié
A chaque matin son petit plaisir et notamment celui-là : Un clic sur le blog
de Jean-Jacques !
Je relis le commentaire de F Hentz du 9 décembre :
"Il faut déconnecter le blog des réunions qui barbent tout le monde. Le
blog d'aujourd'hui, c'est le palais d'hier : on y allait pour prendre son
courrier, en cinq minutes ou en deux heures, on y parlait de ce qu'on
voulait, avec qui voulait prendre part à la conversation, on ne se génait
pas pour dire ce qui passait par la tête. Ce blog aura réussi quand un
grand nombre de confrères se connecteront systématiquement en arrivant
au bureau pour parcourir les messages de la veille. Après, certains
entreront dans une discussion ouverte, d'autres lanceront un sujet, ou
plongeront dans leurs dossiers... (… ) Un blog n'est bien fréquenté que s'il
permet de régler des problèmes. Mais pour déclencher le réflexe-blog, il
faut nous intéresser à nos vies professionnelles respectives..."
Je constate avec un certain amusement que ce blog est devenu en effet
un échange de cancans, de potins pour initiés, et de malveillances, à tel
point que l'on est obligé d'occulter les noms. (Au fait Jean Jacques,
occulte-mieux, Paule Rey apparaît toujours !... )

53. Le mercredi 18 janvier 2006 à 18:40, par Jean-Jacques Ninon
FH, toujours avec beaucoup d’à propos, me précède, car j’allais
effectivement évoquer la Rentrée solennelle du TGI de Nice du 16 janvier
dernier. Et, ainsi, nous aurons des sujets plus propres à intéresser
Noninitié. Etant rappelé que ce blog étant voulu comme un espace de
liberté où je ne souhaite pas opérer de censure, il m'est difficile de
maîtriser les sujets envoyés
Pour en revenir à la Rentrée solennelle, comme d’habitude, la Place du
Palais était recouverte de voitures officielles devant lesquelles arpentaient
des gens en uniforme. Les mendiants avaient fui, les saltimbanques aussi.
Mais les bars étaient bondés. De touristes, bien sûr, mais aussi, comme à
l’accoutumée, d’avocats. Ils exerçaient leur passe-temps favori, placés
aux premières loges. Un mot que plus personne n’ose prononcer ici et qu’il
convient rapidement d'écarter pour éviter toute ambiguïté pour les non
initiés. Les confrères étaient attablés aux terrasses glacées des deux cafés
situés juste en face des escaliers du Palais de justice. De ces endroits
stratégiques, ils voyaient entrer et sortir leurs confrères, les juges, les
notabilités.
La salle d’assises dévolue à la cérémonie était – évidemment - noire de
monde. Pas seulement en raison des robes. C’est, en ce début d’année,
l’un des événements importants de la vie publique locale. Certes, Nice ne
manque pas d’attractions aussi nombreuses qu’inattendues, mais il vaut
mieux être vu, et bien vu, du monde judiciaire, surtout en ces temps
incertains.
Les corps constitués prirent place selon le rang dévolu à leur mérite.
Durement ou habilement gagné. Sur un côté, les officiers supérieurs de la
gendarmerie, des pompiers, de la police. Les commissaires divisionnaires
étaient aussi nombreux que les services : renseignements généraux,
police judiciaire, circulation, stupéfiants, sécurité publique, police aux
frontières. De l’autre côté, les membres du Conseil de l’Ordre des avocats,
qui ne pouvaient tous s’asseoir tant les places leur étaient chichement
comptées. Pourtant peu nombreux, ils étaient confinés sur un banc latéral.
En grande majorité, siégeaient le Bâtonnier actuel et les anciens, laissant
ainsi peu de place aux simples conseillers.
Et, au milieu, la foule des représentants des administrations ou invités
divers, au premier rang desquels étaient installés le préfet en grand
uniforme, entouré de parlementaires.
A ce premier rang, trônaient également le Premier président et le
Procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, tels Dieu et le
Saint Esprit. Ils étaient venus tout spécialement dans la capitale
azuréenne, l’un des devoirs de leur charge étant de ne rater aucune
rentrée des tribunaux de grande instance de leur ressort. Et, pour l’avoir
arpenté en tout sens, ils savent que le territoire de leur Cour est
immense, puisqu'il recouvre quatre départements et mérite bien une autre
cour d'appel. A nice, par exemple.
Tout ce beau monde s’agitait, enjambait les bancs pour mieux se
souhaiter la bonne année. Pourtant, en ce mois de janvier, les réceptions
données à l’occasion de la présentation des vœux se succèdent sans répit.
Celle du Sénateur-Maire de Nice, puis de la Chambre de Commerce, du
Préfet, du Ministre-Président du Conseil Général et, enfin, des différents
édiles municipaux. Les mêmes invités ont donc tout loisir de s’embrasser
comme du bon pain. Si l’humeur était généralement primesautière, ici, au
Palais de Justice, elle paraît pour le moins inhabituelle.
Enfin, l’assemblée fut avertie que la pièce allait commencer. Aussitôt, les
futurs spectateurs firent silence, se raidirent, prirent une attitude élégante
et sobre pour se montrer sous leur aspect le plus correct aux magistrats.
De sorte qu’il était loisible de se demander qui était le spectateur de
l’autre et si certains membres de l’assistance se considéraient déjà mis en
examen ou s’entraînaient en vue de cette éventualité.
Sur l’estrade, entra une longue cohorte de robes noires d’apparat, c’est-à-
dire sanglées à la taille par une large ceinture moirée bleu émeraude,
deux ou trois étant rehaussées de décorations pendantes. Exclusivement
de l’ordre de la légion d’honneur ou du mérite. Les toges se répartirent
suivant un protocole que n’importe quel béotien comprit immédiatement.
Derrière un long pupitre, se mirent les gradées dont l’importance allait
s’élevant de chaque extrémité vers le milieu où se tenait celle du
président. Sa proximité ou son éloignement révélait son degré de
commandement. Toutes, elles tournaient le dos à la valetaille debout,
magistrats de base et greffiers.
C’est alors que des cliquetis se firent entendre. Des illuminations fugaces,
mais rapprochées éclairèrent un secteur précis, où se dirigeait un homme
grand, rougeaud, au cheveu rare, mais que l’on devinait blond roux. Il
s’assit derrière un pupitre, déchaussa ses lunettes pour se rendre encore
plus photogénique. Les photographes le mitraillèrent, les cameramen le
bichonnèrent. Lui, regardait au loin, le regard perdu dans le vague,
indiffèrent à la cohue que sa simple apparition soulevait. Il faut dire que,
selon l’expression qui lui était consacrée, c’était « le très médiatique »
procureur de la République Eric de Montgolfier.
L’audience pouvait commencer, car il lui appartenait de l’ouvrir par le
sempiternel égrenage des statistiques de l’année écoulée, relatives à la
criminalité et à la délinquance du territoire judiciaire dont il avait la
responsabilité : affaires pénales jugées ou non résolues, dossiers restés
en souffrance. Inévitablement, quel que soit le procureur juché sur le
même perchoir, il constatait que les bandits et les voyous se raréfiaient ou
étaient efficacement sanctionnés. Ce qui lui valait de se décerner un
satisfecit bien gagné. Ou, en l'occurrence, des interrogations dubitatives
sur la politique pénale peu à son goût, car le Procureur avait la coquetterie
de jouer au franc-tireur avec sa hiérarchie, gagnant ainsi ses galons
d’indépendance.
Le Président Jean-Michel Hayat, petit bonhomme brun, à l’allure souriante,
sembla, lui, fort préoccupé par le coût élevé des expertises, ayant
augmenté de plus de 60 % l’an dernier à Nice et qu’il fallait réduire, en
raison de la LOLF. Laquelle impartit comme objectif à notre juridiction,
une baisse d’un million d’euro de frais de justice pour 2006.
Chacun des avocats que nous sommes, n’a évidemment pas attendu la
programmation de cette réforme budgétaire pour se rendre compte du
coût exorbitant des expertises que le juge chargé de leur contrôle diminue
trop rarement. Mais le sujet est à la mode depuis qu’un expert de l’affaire
d’Outreau osa déclarer : « Payés comme des femmes de ménage, nous
avons réalisé un travail de femme de ménage ». Dès lors, la morale a
fondu sur les experts dans le pays moraliste et donneur de leçons qu’est
la France.
Cette soudaine prise de conscience colmate deux brèches :
- d’un côté, elle vient en renfort du seul bouc émissaire déniché
jusque là, le juge d’instruction Burgaud qui, au passage, a reçu une
augmentation de salaire ;
- d’autre part, elle permet de pratiquer des économies aux dépens du
justiciable. C’est ainsi que Nathalie Guibert écrit dans « Le Monde » du 16
décembre 2005 : « Les chefs de cour ne cessent d’exprimer leurs
inquiétudes sur le budget 2006. L’argent va manquer sur le chapitre
crucial des frais de justice. Pour les analyses génétiques et autres
expertises, outils indispensables pour approcher la vérité judiciaire, il
manquera au moins 230 millions pour finir l’année ». Mais le juge Burgaud
a reçu une augmentation.
La clôture de l’allocution du Président Hayat fut une invite pour son
auditoire à se rendre en face, au « Palais Rusca », car ici, la place est
comptée. C’est l’une des originalités de ce Palais qui vient d’être rénové.
Avant sa réfection, il accueillait toutes les juridictions, excepté le Conseil
de Prud’hommes. Après, il semble avoir rétréci, n’abritant plus que le
tribunal de grande instance, dont les salles d’audience minuscules ne
parviennent plus à contenir les avocats et le public. Aussi les architectes
qui ont provoqué ce désastre, ont-ils trouvé la parade. Ils ont muni les
prétoires de bancs en fer grillagés, dont l’inconfort empêche l’assistance
de s’y attarder. Car chacun sait que le justiciable vient par plaisir
séjourner et contempler le spectacle auquel il est expressément convié.
Les autres victimes de ce rétrécissement sont les avocats, puisque les
locaux dont ils étaient dotés dans le Palais, ont été réduits à la portion
congrue pour loger des magistrats.
Devant le buffet, ce fut l’inévitable cohue. Les avant-postes étaient tenus
par les greffiers, ou plus exactement les « fonctionnaires », suivant la
terminologie officielle du ministère de la justice pour lequel les magistrats
forment un corps à part. Une corporation serait un mot plus approprié.
Comme celle des avocats, des dompteurs, des jongleurs, des enfants de la
balle.
Les autres participants au banquet n’étaient pas venus seulement pour
festoyer. C’était le moment tant attendu pour eux, de se lancer dans un
raid de relations publiques. Pas seulement auprès du monde judiciaire,
mais aussi des autres notabilités présentes. Il est toujours utile de se
rappeler à leur bon souvenir.
Donc, chers FH et Noninitié, rien de bien neuf sur cette Place du Palais.
Sinon le nouvel an.((http://ninonavocat.tooblog.fr/images/Logo-avocat1.jpg))

54. Le mercredi 18 janvier 2006 à 22:44, par fh
On a ce qu'on mérite : pas de barre pour plaider à l'audience, pas de place
pour s'asseoir à la rentrée solennelle. Je crois me souvenir (je n'en
jurerais pas) que les batonniers du temps passé (ceux qui se changeaient
au vestaire) nous encourageaient à assister à la rentrée judiciaire,
moment de rencontre avec la magistrature, présenté comme une manière
de devoir, où il fallait se montrer en robe pour qu'on n'imagine pas que le
Barreau se desinteressait du Palais. Et bien, maintenant, c'est le Palais qui
se desinteresse du Barreau...

55. Le mercredi 18 janvier 2006 à 22:58, par fh
Orange amère nous fait une proposition dangereuse : on est toujours
l'anticonfraternel de quelqu'un... ça risque de tourner au règlement de
comptes autour du beefsteack ! Cela dit, on pourrait discuter des règles
bien comprises : j'en ai marre de m'entendre reprocher le retard dans
mon travail par des confrères, c'est déjà assez pénible comme cela, entre
les magistrats et les clients... je fais ce que je peux, et conclure à la
dernière minute dans des procédures sommaires n'a rien
d'anticonfraternel si ce n'est pas intentionnel et si un renvoi est toujours
possible. La vraie confraternité, c'est -aussi- de faire l'effort de lire
l'adversaire avant de le condamner. La palme du jour au gentil Manaigo
qui me dispense à 19h30 de lui faxer mes conclusions pour demain en se
contentant de mon résumé téléphonique : c'est sympa, c'est classe, ça
change de certains qui coupent leur fax pour ne rien recevoir après l'heure
qu'ils ont décrétée fatidique... On critique les jeunes, mais celui-là en
remontrerait à bien des vieux.

56. Le jeudi 19 janvier 2006 à 09:38, par Jean-Jacques Ninon
Les remarques acerbes d’Orange Amère vont le transformer en Orange
Mécanique, tant notre déontologie incluant la confraternité lui apparaît
déliquescente et décalée. La réponse de FH est également symptomatique
du malaise.
Leurs deux attitudes témoignent du problème posé, révélant deux causes
antinomiques :
- La première, historique, provenant d’un recrutement moins social,
moins élitiste – je n’ose employer le mot « bourgeois ». Comme il le fut au
XIXe siècle, où nos règles se sont définitivement établies. Il y a encore
peu, enseignant la déontologie aux élèves-avocats, je leur exposais qu’elle
n’est rien d’autre que la politesse. On l’a ou on ne l’a pas.
- La deuxième, actuelle, tenant à l’entrée de notre profession dans un
monde économique postindustriel et accéléré, vivant à l’heure d’Internet
et de la globalisation.
De cette contradiction, provient le hiatus constaté par Orange Mécanique
qui applique désormais mécaniquement des us et coutumes inadaptées
aux règles économiques de son époque où la vitesse prime tout. Plus que
jamais, le temps, c’est de l’argent. Cet objectif ne peut être rempli que
par une organisation sans faille nécessitant personnel et technologie
adaptée. Place aux structures anonymes ayant les moyens financiers de
remplir ce cahier des charges. Place à la rentabilité et au salariat. La
profession libérale du XIXe siècle a depuis longtemps un pied dans la
tombe, au profit du système libéral.
La déontologie est-elle opposée à l’économie contemporaine ? Comment la
concilier avec la mondialisation qui exige réactivité immédiate et rapidité ?
Devons-nous abandonner notre âme aux marchands du Temple ou dépérir
et mourir ?
Avant qu’Orange Amère ne devienne Orange Blette, il conviendrait,
comme elle le suggère, d’en débattre autour d’un dîner. Volontiers. Faites-
moi savoir combien vous êtes, afin de réserver une bonne table.

57. Le vendredi 20 janvier 2006 à 09:46, par Jean-Jacques Ninon
Les premières auditions des acquittés d’Outreau ont eu lieu le mercredi 18
janvier dernier devant la commission d’enquête parlementaire sur les
dysfonctionnements de la Justice. « Le Figaro » du lendemain rapporte
qu’elles « ont suscité l’émotion des parlementaires, qui ont suivi en
silence, les yeux parfois écarquillés [sic : non leurs oreilles], les récits
poignants des acquittés. Les uns après les autres (…) ont revécu, chacun
avec leurs mots, leurs années de souffrance face à un système resté
aveugle et sourd. »
L’attitude des députés - dont un ancien Garde des Sceaux, Mme Elisabeth
Guigou - me laisse perplexe. Comment concevoir en effet que des
législateurs soient si peu au fait du monde judiciaire. Ils ne seraient donc
que des théoriciens, à l’écart de la réalité ? Et ce, alors que beaucoup
d’entre eux sont issus de la magistrature et de l’avocature. Nombre
d’entre eux sont ou ont été ministres, voire président de la République.
Lorsque devant les journalistes, nos parlementaires font les étonnés,
jouent les vierges effarouchées en écoutant ce qu’ils savent, gageons le
parfaitement, c’est pour se dédouaner de leur impéritie. Afin que les
citoyens ne leur demandent pas à, eux aussi, des comptes. Quels sont ces
représentants du peuple – au nom duquel la justice est rendue – qui
ignorent son fonctionnement ou plutôt son dysfonctionnement ? N’ont-ils
jamais côtoyé un juge d'Instruction ? Je pensais pourtant que c’était l’un
des aléas de leur métier – je dis bien « métier », puisqu’ils ont fait de la
politique une profession. Méconnaissent-ils l’enseignement de l’Ecole
Nationale de la Magistrature, usine à produire les « juges rouges » dans
les années 70 ? Oublient-ils que cette école formate de futurs magistrats
dépourvus de la culture du doute ? Sûrs de leur bon droit et de leur
absolue conviction.

58. Le vendredi 20 janvier 2006 à 23:09, par Rene Delorme
Désolé d'intervenir sur un blog privé mais je fais une recherche pour un
roman et peut-être pourrez-vous me fournir le fil d'Ariane qui me
manque: je cherche à connaître "l'uniforme", la tenue des magistrats au
19eme siècle en cours d'assises. J'aimerais aussi savoir si les procès se
déroulaient comme de nos jours: avocats, procureur, juge et assesseurs
etc.
Mille excuses pour le dérangement.

59. Le samedi 21 janvier 2006 à 12:52, par Jean-Jacques Ninon
A M. René Delorme
Ne soyez pas désolé. Ce blog n'est aucunement privé. Il intéresse les
justiciables et nos concitoyens.
Pour répondre à votre interrogation, j'ai écrit une chronique historique
intitulée "Une journée de trois avocats ordinaires". Vous devriez y touver
les réponses que vous souhaitez.
Pour vous le procurer, écrivez-moi à mon adresse électronique :
cab.ninon-avocats@wanadoo.fr

60. Le lundi 23 janvier 2006 à 14:38, par Jean-Jacques Ninon
Retransmission des débats des 18 et 19 janvier, non soumis au huis clos
de l’enquête parlementaire de l’affaire d’Outreau, sur la chaîne câblée «
Histoire ».
C’est édifiant ou plutôt atterrant. Non seulement pour le monde judiciaire,
mais pour tout le monde.
L’un des treize acquittés, David Brunet, dépourvu de désir de vengeance,
est, au contraire, empli de sérénité et de mesure. Il veut que soient tirées
les leçons du drame vécu par eux et que leur exemple médiatisé serve au
moins à quelque chose.
Extrait non littéral :
- D. Brunet : Quelles sanctions allez-vous prendre ? Je ne dis pas qu’il
faut les mettre en prison, mais les empêcher de recommencer et qu’ils
comprennent. « Des gens comme ça, c’est dangereux pour la justice, il ne
faut plus les mettre dans un tribunal ».
- André Vallini, le président de la commission (député PS de l’Isère) :
Nous n’avons pas le pouvoir de sanctionner, nous sommes là pour faire
des propositions de réforme. C’est le CSM qui peut sanctionner. Je peux
vous dire qu’en ce moment, une enquête de l’Inspection des services
judiciaires est en cours.
Comme disait de Gaulle, créons une « commission Théodule » pour
discuter d’une question et ne prendre aucune décision, bref, noyer le
poisson. Le système est aujourd’hui affiné, il discute publiquement sous
l’œil des caméras avec pour objectif d’opérer une catharsis, de défouler
les victimes et de calmer les craintes de la foule des justiciables - « après
tout demain, je peux être également victime de cette machine à broyer »
– et donc des électeurs. La commission agit comme une cellule
psychologique destinée à apaiser les victimes des attentats ou des
catastrophes. Ici judiciaires.
Plus généralement, c’est la vieille pièce française qui se joue et rejoue
indéfiniment. Absence de dialogue avec l’Etat colbertien, puis jacobin,
omnipuissant et autiste. Mouvements de rues, voire renversement de
régime. De la révolution de 1789 à mai 68. L’inverse des pays anglo-
saxons où existe la concertation. Dans notre pays, dès que se pose un
problème connu de longue date, on légifère dans l’urgence sous la
pression populaire pour la calmer. Mais, avant, on tente le coup de la
commission. Des fois que ça marche.
Et la question ingénue du président Vallini aux acquittés :
- Que vous souhaitez-vous obtenir comme réparation ?
Question gratuite, si l’on ose dire, puisque la Commission n’est pas plus
compétente pour sanctionner que pour indemniser. Il aurait dû diriger, à
cette fin, les acquittés vers le premier président de la Cour d’appel de
Douai pour réparer le préjudice subi par les personnes détenues
arbitrairement. Je ne crois pas qu’il prévoyait la réponse désintéressée et
émouvante de David Brunet :
- Ce n’est pas l’argent qui fera quelque chose. « Moi, ce que je voudrais,
c’est qu’on me remette dans ma vie d’avant le 16 mai 2002 [date de son
interpellation], qu’on me redonne ma place de ce matin-là, dans les bras
de ma petite amie et à côté de mon fils. Mais ça, je sais que c’est
impossible. »
"Tout est possible", titre d'un manifeste de Jean Zay, ministre de
l'Enseignement du Front Populaire.

61. Le lundi 23 janvier 2006 à 22:04, par fh
"Total mépris" : c'est la devise que je propose à M. de Montgolfier de
graver sur son blason. Qu'on en juge (chacun son tour...) : ce matin,
audiences groupées des tribunaux de police de Villefranche et Menton à
neuf heures. Une trentaine de personnes attendent que le Tribunal veuille
bien sièger. Peine perdue : à neuf heures et demie précises, le Juge entre
en majesté pour annoncer que les audiences sont renvoyées en bloc au
motif de la défection du Parquet ! Pour le pékin comme pour l'avocat,
appel à la barre, "vous reviendrez tel jour", pas un mot d'excuse, pas un
mot d'explication de plus : pas de parquet, circulez, y'a rien à voir. Où l'on
comprend que cette phalange glorieuse, forte de quelque dix-sept
travailleurs de force, n'a pas pu soustraire une seule de ses incarnations
indivisibles à son rude labeur pour la dépêcher à Menton (France), que
l'on rejoint en moins de quarante minutes sans le secours du gyrophare.
Plus d'essence dans la voiture de fonction ? Plus de voiture de police ou de
gendarmerie à requisitionner pour assurer la continuité du service ? Pas
un substitut valide pour remplacer son collègue sans doute très
légitimement empêché ? Dommage collatéral des discours de rentrées
solennelles publiés ce matin-là ? Mais qu'importe, après tous les serments
de bonne gestion des deniers publics, la vacance du siège du ministère
public : la machine fonctionne aux frais de la princesse à vide comme à
plein, pourquoi l'économiser ? Les fonctionnaires à assermenter renvoyés
dans leurs foyers reviendront un autre jour sur le budget de leurs
adminstrations respectives, les avocats renvoyés à leurs études se feront
payer de mirifiques honoraires pour leur déplacement inutile par leurs
cochons de clients, et les justiciables qui ont pris une journée de congé
sans solde pour répondre à la citation du Procureur... ceux-là, ils ne
perdent rien pour attendre ! !

62. Le jeudi 26 janvier 2006 à 00:16, par fh
Trop, c'est trop ! La lettre du Batonnier n°6 : "...la divulgation de l'adresse
personnelle d'un Magistrat (sic pour la majuscule) d'un Confrère (re-sic)
ou d'un Fonctionnaire de Justice (re-re-sic) est strictement prohibée, en
quelque circonstance et pour quelque motif que ce soit". Ah, bon ? Mais
prohibée par qui ? Et prohibée pourquoi ? Ces gens-là ont-ils des choses à
se reprocher ? Si j'en crois les juges d'instruction, ce sont les truands qui
se cachent ! Mon adresse personnelle est dans l'annuaire du téléphone: où
est le problème ? Et qu'est-ce que ça veut dire "en quelque circonstance
et pour quelque motif que ce soit" ? On vous menace de mort si vous
refusez de divulguer ou la divulgation peut sauver une vie, et il faudrait la
boucler ? Enfin, cette lettre en dit trop ou pas assez : trop, parce qu'on se
fiche complétement de la divulgation de secrets de polichinelle (qui ignore
que Montgolfier habite Carabacel, son prédecesseur Alsace-Lorraine, etc
?) ou pas assez, parce qu'elle tombe comme un cheveu sur la soupe (qui a
divulgué quoi, dans quelles circonstances et dans quel but?). Et pour le
style : "Fonctionnaire de Justice", on croirait une circulaire de la
Chancellerie, pardon, du Ministère de la Justice ! Moi, je connais des
greffiers, c'est peut-être que je ne fais que travailler avec eux. "Magistrat,
Confrère, Fonctionnaire de Justice" c'est une échelle ? en tout cas, ce n'est
pas la mienne! Et je ne parle pas de la politesse: il eut fallu intercaler les
"Fonctionnaires de Justice", sans parler de l'ordre alphabétique. Bref, il ne
manque à cet oukase que la sanction. Je propose :"les contrevenants
seront fusillés sur la place du palais"; ça fait collabo ? au moins, c'est
cohérent avec ce qui précède...

63. Le jeudi 26 janvier 2006 à 10:45, par Jean-Jacques Ninon
Cher FH, tu as un train de retard. Ou un camion de déménagement. En
effet, Montgolfier ne se trouve plus boulevard Carabacel, il est entré dans
les pénates d'Expert, face au jardin Alsace-Lorraine.
En tout cas, il semble effectivement que les magistrats (sans M) forment
une caste privilégiée. Justiciables et avocats doivent obtempérer à leurs
ukases, en l'espèce retransmis par notre Bâtonnier (avec un B) : débarras
de nos vestiaires du Palais (avec un P), interdiction de divulguer l'adresse
personnelle de nos seigneurs. Alors que nous avons toujours su celle du
premier magistrat de la ville de Nice (à Cimiez) ou celle de Mitterrand, feu
président du Conseil supérieur de la magistrature (rue de Bièvre, à Paris).
C'est en réservant de telles privautés à certaines catégories de citoyens,
que la France continuera à étonner les étrangers et ne sera jamais une
véritable démocratie. Florilège relevé par " L'Express " du 19 janvier 2006
: " Il y a Luc Besson qui obtient de la préfecture de police de Paris que l'on
bloque une rue - pour une soirée entre amis ou des travaux à son
domicile. Ou Catherine Deneuve, qui exige que l'on vide de ses convives la
salle de certains resturants qu'elle fréquente, afin que soit préservée sa
tranquillité. Le tout dernier passe-droit en date concerne Nathalie Baye,
dont la voiture, stationnée depuis plusieurs semaines au même endroit, à
Paris, n'a pas eu le moindre PV, les pervenches de son quartier ayant
appliqué la consigne : pas de prune pour l'actrice."
Certes, l'exemple vient de haut, du premier policier de France : " Au
ministère, la nouvelle du retour de Cécilia ne s'est répandue que lorsque
la demande d'une mise à disposition d'une voiture Vel Satis intérieur cuir
a circulé - l'information est fermement démentie par le cabinet, qui n'a
pas oublié la controverse née de l'achat d'écrans plasma, révélé par Le
Canard enchaîné, lors de l'arrivée des Sarkosy à Bercy, en avril 2004."
Sommes-nous dans un pays féodal dont le roi est Ubu ou une république
tropicale ?

64. Le mardi 31 janvier 2006 à 13:33, par Jean-Jacques Ninon
Le 19 janvier, j'écrivais : "Avant qu’Orange Amère ne devienne Orange
Blette, il conviendrait, comme elle le suggère, d’en débattre autour d’un
dîner. Volontiers. Faites-moi savoir combien vous êtes, afin de réserver
une bonne table." Aucune réaction. Etait-ce une offre de gascon. Je suis
toujours à votre disposition.
Souhaitez-vous que nous nous rencontrions et discutions de notre Barreau
et de notre profession ?


65. Le mercredi 1 février 2006 à 00:09, par fh
si c'est pour manger, je suis toujours d'accord, mais il faudrait que ce soit
bon...

66. Le mercredi 1 février 2006 à 00:13, par fh
Mercredi 8 février 2006, au théâtre Francis-Gag, représentation de la
troupe des stagiaires. Places à retirer à l'Ordre. On y parlera de
Beaumarchais ("sans la liberté de blâmer...&