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Discours prononcé, le 10 mai 2004, par Jean-Jacques Ninon
pour le 10e anniversaire d’existence de l’UCAM
Notre assemblée générale se situe aujourd’hui
à la date anniversaire de la création de notre association.
Dix ans déjà. A vrai dire je n’aurais pas souhaité
fêter – ou doit-on dire « commémorer »
? – un âge aussi avancé. Est-ce un constat d’échec,
un aveu d’impuissance ?
Nous n’allons pas évoquer, reprendre, les raisons pour
lesquelles nous militons tous pour la création d’une
Cour d’appel dans les Alpes-Maritimes. Cela reviendrait à
exprimer des redites ou à ressasser des arguments qui sont
supposés sus, tellement ils sont patents et connus de tous
: des professionnels comme des justiciables, c’est-à-dire
de tous ceux qui constituent le tissu social et économique
de notre département et qui sont les premiers à en
subir les conséquences.
Malgré cela, aucune avancée notable n’a eu lieu
depuis notre dernière assemblée du 14 février
2003. C’est à se demander si cette question, vitale
pour notre département, intéresse la classe politique.
Mais ne nous décourageons pas, puisque les forces vives de
notre département, la société civile sont à
nos côtés. C’est ainsi que je suis ravi d’accueillir,
ce soir d’autres associations poursuivant le même but
:
- « Remembraca Nissarda » - Président : Mr. Roger
BECCHETTI ;
- « Comité des Traditions Niçoises » -
Président : Mr. Guy SAMPIERO ;
- « Sian d’Aqui » - Président : Mr. Fabrice
MAURO, Vice-Président : Mr. René MACARIO ;
- « Jeune Chambre Economique » Nice-Côte d’Azur
– Président : Mr. François-Xavier CIAIS.
Je les salue et les en remercie.
Notre association qui a organisé diverses manifestations,
grâce à votre concours, ne peut que s’en réjouir.
Ses initiatives tournées vers les secteurs socio-économique
et politique ainsi que vers les justiciables, concernés au
premier chef, doivent se poursuivre, afin de continuer à
sensibiliser l’opinion, nos élus et surtout nos gouvernants.
Notre dernière action a consisté à distribuer
des cartes postales à adresser au Garde des Sceaux. Nous
en avons édité 50 000. Nous en avons encore à
votre disposition et vous pouvez en prendre ou vous en procurer
auprès de notre association.
Nous envisageons une nouvelle manifestation, puisque nous sommes
obligés d’en accomplir pour tenter de se faire entendre,
dans un pays où seuls sont écoutés ceux qui
descendent dans la rue. Mais nous nous livrerons à une manifestation
toujours aussi pacifique, voire culturelle.
Notre association a en effet imaginé d’organiser une
exposition à la fois historique et thématique sur
la cour d’appel.
- Historique, d’une part : en recueillant un matériel
iconographique sur la Cour d’appel qui existait à Nice
: gravures du Sénat, des sénateurs, de Nice lors du
Rattachement qui a supprimé la Cour, portraits des hommes
politiques qui ont milité – véritablement –
pour le retour de cette juridiction. A ce sujet, l’aide des
diverses associations niçoise présentes, ce soir,
nous sera particulièrement utile, si elles acceptent de participer
à ce projet.
- Thématique, d’autre part : en rassemblant et affichant
sous forme de chiffres et de tableaux, les nécessités
d’une Cour d’appel dans le département.
Cette exposition sera itinérante. Elle sera en effet proposée
aux municipalités, afin d’être accueillie chez
elles pour sensibiliser leurs administrés sous forme aussi
bien ludique que didactique.
Le premier endroit, celui où aura lieu la première
exposition, doit frapper les esprits. J’ai donc pensé
que cette exposition inaugurale devrait se dérouler dans
les vestiaires des avocats se trouvant au Palais de Justice de Nice.
La raison, surprenante ou incongrue au premier abord, a pourtant
sa logique. Les avocats sont, je vous le rappelle, des auxiliaires
de Justice accomplissant diverses missions pour le service public
qu’est la Justice : commissions d’office, aide judiciaire,
aide matérielle des greffes, etc… En conséquence,
il leur est traditionnellement alloué des locaux dans tous
les tribunaux de France pour remplir ces missions. Parmi ces locaux,
figurent des vestiaires. Or, il a été demandé
aux avocats du Barreau de Nice de débarrasser les vestiaires
pour y mettre des archives. Cet injonction me paraît tout
à fait symbolique. Du jour au lendemain, on supprime une
Cour d’appel au mépris de l’intérêt
de la population d’un département. Un siècle
et demi plus tard, avec autant de légèreté,
on veut retirer à des auxiliaires de Justice des locaux.
J’y vois la même indifférence, la même
superbe d’un pouvoir central qui nie les justiciables et leurs
conseils ou leurs représentants. C’est la raison pour
laquelle aucun endroit ne me semble plus symbolique, pour l’inauguration
de notre exposition sur la suppression et le retour de notre cour
d’appel, que les vestiaires des avocats au Palais de Justice
de Nice.
J’espère que Monsieur le Bâtonnier Jacques Randon,
à qui je vais donner la parole sera de mon avis.
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